22 mai 2008
Désert
L’une en cachant une autre était un iceberg ;
Un gros morceau de feu arraché au soleil
Émergeant et flottant sur le sable vermeil :
Nous marchions à pas lent sur les dunes de l’erg.
Fatigués par l’effort sur ces monts ondulants,
À terre, un court instant nous paraissait une heure.
Pourtant, à chaque instant, nous savions toujours l’heure,
Le sable s’égrenant dans nos orteils brûlants.
Sur ce sol à jamais déserté par l’orage,
Tous, nous restions muets, avançant en silence.
Une lèvre, parfois, bougeait pour crier « Chance ! »
Mais nul son n’en sortait, car c’était un mirage.
Mais nous étions heureux. Car malgré ces travers
Répond le ciel sans borne au Sahara sans fin ;
Lorsque, la nuit tombée, nous devenions enfin
L’Homme seul sur la Terre admirant l’Univers :
Regardant l’infini dispersé sur sa toile
Nous restions allongés sous la voûte céleste,
Les astres lumineux faisant des palimpsestes
Le temps qu’arrive à nous la lueur des étoiles.
D'après Sensorielle, « Désert »
Commentaires
Poster un commentaire
Rétroliens
URL pour faire un rétrolien vers ce message :
http://www.canalblog.com/cf/fe/tb/?bid=362847&pid=9271935
Liens vers des weblogs qui référencent ce message :